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Le mot du maire

Chères amies de Lercoul
Chers amis de Lercoul

La fin de l’année approchant à grand pas, le moment est venu de tirer un premier bilan de cette année 2020 dans cette commune à laquelle nous sommes chacune et chacun attaché(e)s au service de l’intérêt commun. Car telle est bien la fonction principale d’une commune.
Mais d’abord un mot sur la situation sanitaire. L’Ariège, laquelle avait été relativement épargnée par la première vague de pandémie de Covid, a été fortement touchée par ce que j’espère n’être que la seconde vague. Je dis seconde car je suis habité par l’espérance qu’il n’y en aura pas de troisième. Ceci posé, les informations éparses dont nous disposons ne nous incitent guère à l’optimisme. C’est pourquoi j’ai pris la décision d’interdire tout réveillon le 31 autre que dans un cadre strictement familial. Ce n’est pas de gaîté de cœur que je m’y suis résolu car je sais, comme chacune et chacun d’entre vous, combien un séjour à Lercoul représente d’abord un moment de convivialité où tout le monde a plaisir à se retrouver. Déjà, j’avais dû demander à l’ensemble de l’association des bénévoles de « Fa la Festa » de bien vouloir annuler les manifestations prévues pour les vacances de la Toussaint.
Depuis le printemps écoulé la municipalité s’est mise au travail. Comme vous le savez, j’avais été désigné par la Préfecture avant même le scrutin, dans des circonstances sur lesquelles il est inutile de revenir. Le scrutin a témoigné de la large confiance que les électrices et les électeurs de Lercoul entendaient conférer au projet présenté par l’équipe que j’ai la responsabilité d’animer.
Depuis lors, cette équipe s’est mise au travail, inlassablement, jour après jour, avec une participation active de chacun de ses membres, tous mus par le sentiment que nous sommes au service de la population et que c’est là, et là seul, que réside notre légitimité à remplir le mandat confié.
L’héritage est lourd. Pour ne donner qu’un exemple, d’importants retards de cotisation d’Urssaf ont été découverts. Cela peut sembler inimaginable, mais c’est pourtant la réalité des faits. Bref, épurer la situation s’avère une tâche bien plus longue que ce à quoi nous nous attendions, car l’incurie qui caractérisait la gestion précédente va continuer à impacter lourdement nos possibilités d’action notamment sur le plan financier en réduisant drastiquement les marges de manœuvre budgétaires pour le prochain exercice.
Ceci posé, nous nous sommes mis au travail, chacune et chacun dans son domaine de compétence. Pour la première fois depuis bien longtemps, c’est une équipe solidaire qui est aux commandes. Après bien des atermoiements, nous avons enfin pu recruter trois personnes qui nous aident, Madame Barès comme secrétaire de mairie, dont l’expérience et le sérieux sur le plan administratif constituent un soutien efficace, Monsieur Terrière comme employé communal et Madame Maynadier comme agent d’entretien. Je veux les remercier chaleureusement tous les trois.
Je tiens à saluer la volonté de l’ensemble des membres du conseil municipal d’œuvrer au service de tous : je veux publiquement réaffirmer que, toutes et tous, ils bénéficient de mon soutien inconditionnel et je veux dire que j’ai énormément de chance. Un grand merci donc aux 6 élus et aux 3 agents sans lesquels rien, absolument rien ne serait possible comme rien n’est possible sans le soutien de l’ensemble de la population.
Dans ces circonstances difficiles, nous nous sommes donc mis à la tâche et le moment est venu à la fois de signaler quelques résultats d’ores et déjà acquis, de préciser des pistes bien engagées, avant que d’exposer des questions à plus longue portée.
Un accord a été passé avec l’ONF quant à la question du relais TDF. Ce dossier traînait depuis de nombreuses années et n’avançait jamais. Pourquoi ? Parce que les demandes de la commune étaient telles qu’elles ne pouvaient manifestement pas être acceptées. Inutile ici de rentrer dans les détails dont certains témoignent pourtant que l’intérêt commun n’était pas l’objectif cardinal. Partant du principe que notre mission est de construire un avenir meilleur, nous avons obtenu qu’à compter de 2021, les redevances seront partagées moitié moitié entre l’ONF gestionnaire de la parcelle domaniale sise sur la commune d’Illier Laramade et notre commune propriétaire de l’autre parcelle sur lesquelles ce relais est érigé. Le protocole a été ratifié tant par la direction juridique nationale de l’ONF que par la commune. Sur un dossier comparable, nous avons également initié une régularisation du second pylône qui, pour l’heure, est installé sans aucune contrepartie. Ainsi la vente, prévue par les accords passés de manière bien opaque durant la gestion précédente, n’a pas été réalisée dans les délais prévus (mai 2019) de sorte qu’aujourd’hui, il s’agit d’une installation « sur sol d’autrui ». Une telle situation ne saurait perdurer. L’équipe municipale s’est donc engagée dans la voie d’une régularisation pour que les intérêts de notre commune ne continuent pas à être foulés au pied et qu’une solution pérenne soit trouvée qui ne spolie aucune des parties.
Par ailleurs, le dossier de la question si sensible de la liberté de circulation a été engagé. Grâce à l’inlassable effort d’une commission, à laquelle participent des citoyens de Lercoul, nous avons réalisé un important travail d’identification des parcelles portant emprise sur les voies de circulation, tant pour les voies sises dans le village que pour l’ensemble des voies sylvo-pastorales. Le dossier, confié à un géomètre expert, a permis de définir un nouveau cadre. Je tiens à remercier l’immense majorité d’entre vous qui a compris que nous n’étions dans cette affaire qu’au service de l’intérêt commun, car Lercoul n’appartient à personne. D’ores et déjà, nous sommes en mesure de lancer l’enquête d’intérêt public dès ce printemps de sorte que ce projet sera mené à brève échéance à son terme.
Plus généralement, nous avons tenu à associer et à informer la population comme en témoigne la réunion d’une assemblée communale. C’était l’un des engagements les plus importants de notre projet pour vivre ensemble à Lercoul. Nous ne dévierons pas de cette ligne de conduite.
Voilà pourquoi je tiens aussi à préciser que, sur des sujets importants, nous ne saurions pas admettre que des rumeurs infondées soient propagées à tort et finissent par tenir lieu de « vérité alternative ». Car, en la matière, il suffit d’instiller.
Plus précisément, sur deux éléments, je tiens à rétablir le simple déroulé des faits.
D’abord Olivier Houplain a choisi de nous quitter. Il a eu une opportunité de s’installer dans le Cantal dans des conditions dont il a estimé qu’elles lui offraient davantage de facilités pour développer son activité. La liberté ne se divise pas et c’est une décision qui lui appartient et qui n’appartient qu’à lui. Mais je n’accepte pas que l’on fasse courir le bruit malveillant qu’il aurait été chassé du village. Au contraire, la municipalité lui avait fait des propositions concrètes, fondées sur un bail rural de très longue durée (20 à 25 ans) pour qu’il puisse régulariser les conditions d’une installation dans le cadre des règles régissant son activité en termes de sécurité tant sanitaire que de garantie aux personnes. Jusqu’à plus ample informé, ce n’est pas la mairie qui les édicte mais l’Etat qui charge la Direction départementale de la cohésion sociale et la protection des populations d’en vérifier l’application et le respect. Je le répète : nous lui avons proposé un bail longue durée pour qu’il puisse s’organiser dans le respect de ce cadre, tant il est vrai que l’installation imposée par mon prédécesseur de son activité au plateau d’Esquert -dont j’estime que nous, mon équipe et moi, ne serions être en rien tenus pour responsables- contribuait -notamment par l’absence d’eau et d’électricité- à rendre difficile son développement. Pour notre part, après l’acceptation d’un choix fondé sur un bail longue durée, à l’élaboration de quoi Olivier avait été associé durant tout l’été, il ne restait plus qu’à finaliser un accord devant notaire. Nous n’avons plus eu de nouvelle à compter du mois de septembre, avant d’être informé, par un SMS en date du 18 novembre, de la décision d’Olivier Houplain de quitter notre commune. A titre personnel, je regrette ce départ, car l’activité qu’il avait développée contribuait à enrichir notre patrimoine montagnard. Mais, je le répète, c’est une décision qui n’appartient qu’à lui. Et je n’ai pas à accepter que les difficultés subies par Olivier durant le mandat précédent nous soient imputées.
Le second point, c’est l’étude lancée sur l’opportunité de bâtir une Association Foncière Pastorale. Comme vous le savez, nous avons la chance que des agriculteurs se soient installés sur notre commune qui contribuent au développement de notre village, jusqu’à être reconnus au Salon de l’Agriculture. Qui, parmi nous, auraient pu penser qu’un enfant naisse de parents établis et vivant à Lercoul ? J’ai consulté l’ensemble des registres d’Etat Civil, et il faut remonter avant 1940 pour trouver trace de naissances dans notre village. Comme vous le savez, l’activité d’agriculteur en montagne ne peut s’avérer viable qu’en fonction de possibilités de disposer d’une surface agricole utilisable suffisante notamment en matière de subventions. Là encore, nous, mon équipe et moi-même, ne serions être en rien tenus responsables de ce que mon prédécesseur ait établi une convention, rédigée en dépit du bon sens puisque, pour ne prendre que cet exemple, le terrain du cimetière de Lercoul fait partie des terres concédées. Comment, dans pareilles conditions, s’étonner que les instances agricoles la jugent insincère et contraire à la réalité et que, en conséquence, elles demandent de trouver une autre solution pour pouvoir continuer à distribuer les subventions nécessaires à cette activité ? Nous sommes en train d’étudier les solutions possibles. Sur ce site nous publions d’ailleurs un point précis sur vérités et contre-vérités sur ce qu’est une Association Foncière Pastorale, ses avantages et ses inconvénients à partir d’une note établie par la Fédération pastorale, organisme officiel. Mais là aussi, les rumeurs ne sauraient tenir lieu de ligne de conduite. Il ne s’agit de léser personne. Notre volonté de transparence est totale. Nous n’en sommes pour l’heure qu’à la recherche de solutions. Tous les projets seront analysés et débattus avec l’ensemble de la population quand ils auront été élaborés pour que chacune et chacun puisse se prononcer en toute connaissance de cause. Une enquête publique sera menée. Je sais, aussi bien que d’autres, combien la vie de nos anciens a été difficile et combien de labeur a été nécessaire pour mettre en valeur le patrimoine rural montagnard. Mais je sais, aussi, que la déprise rurale engagée au lendemain de la Libération, a conduit à une quasi désertification qui fait qu’aujourd’hui ces terres ne sont plus entretenues, que les murs de soutènement s’effondrent, que les chemins disparaissent, que la végétation gagne de plus en plus impénétrable et que nous en sommes aujourd’hui arrivés à des conditions qui mettent régulièrement en danger (risque d’incendies, éboulements récurrents sur la route etc.) les conditions d’existence de celles et ceux qui ont choisi de demeurer à l’année à Lercoul comme pour ceux qui viennent s’y ressourcer et profiter de leurs vacances. L’avenir de notre village passe par la pérennisation de l’activité agricole et pastorale. A nous et à vous de trouver les solutions les meilleures et les plus équitables pour y parvenir !
Je le répète : nous n’avons qu’une ligne de conduite et qui passe par le débat et l’information de toutes et de tous. Mais le débat et l’information, chacun en conviendra, ce n’est quand même pas la même chose que de laisser des rumeurs se propager.
Je veux aborder un dernier point. Il concerne les finances de la commune. Depuis le choix, fait au plus haut niveau de l’Etat, de favoriser le regroupement des territoires sous prétexte de mutualisation des moyens, les petites communes sont asséchées financièrement. Nous ne recevons plus en termes d’allocation compensatrice de la part de la Communauté des Communes de la Haute Ariège (CCHA) que la somme de 6032 €, dérisoire eu égard à nos recettes fiscales d’un montant de 140.617 € ( sur lesquelles nous reversons 64.691 € à ladite CCHA au titre de la fiscalité et 17.032 € au titre de l’allocation compensatrice, soit un total de 81.723 € -merci aux élus qui ont permis un tel accord-, à quoi s’ajoutent 30.399 € reversés au département de l’Ariège et 3.965 € reversés à la région Occitanie) Nous pensons donc que le choix de favoriser à tout prix les territoires aboutit en fait à éloigner les services les plus basiques de nos populations. Chacun est libre d’apprécier cette politique comme il le souhaite. Mais qu’on ne vienne pas nous parler du maître mot de solidarité, employé à qui mieux mieux par la présidence de la CCHA, laquelle n’est pas seule responsable de cette situation. Car, d’une part, elle est où la solidarité pour Lercoul de la part de la CCHA qui ne bénéficie quasiment d’aucun retour de la part de la CCHA ? Et d’autre part, en matière de solidarité, la Commune de Lercoul n’a aucune leçon à recevoir de quiconque. Pour ne prendre que cet exemple récent, elle vient de faire don (l’article de la Gazette ariégeoise du 19 décembre écoulé reproduit sur ce site le décrit avec plus de détails) des réserves qu’elle avait constituée lors du premier confinement au Secours Populaire en offrant en cette période de fin d’année si difficile plus de 300 produits à une association qui milite en première ligne face à l’explosion de la pauvreté. Que toutes les communes et communautés de communes de l’Ariège, y compris les plus riches, fasse donc le même geste en proportion de leurs moyens au lieu de condamner leurs Centres communaux d’action sociale à la portion congrue. Là encore, au nom de quoi, la municipalité de Lercoul, devrait être tenue pour responsable des conditions manifestement non satisfaisantes pour les populations de l’ancienne comcom d’Auzat et du Vicdessos dans lesquelles s’est décidée une fusion qui n’assure même pas une réelle continuité territoriale entre le Vicdessos et les vallées d’Ax, puisque Tarascon en est exclu.
De même, la commune de Lercoul sait ce qu’elle doit à nos anciens. C’est pourquoi elle a tenu à leur manifester leur amour par un petit geste d’envoi d’un colis, car nous, l’ensemble du Conseil municipal, sommes conscients de ce que nous leur devons et combien la crise sanitaire que nous traversons aujourd’hui peut contribuer à un sentiment d’isolement. Nous ne les oublions pas.
Voilà, Chères Amies et Chers Amis de Lercoul, l’état de la situation.
Je tenais à vous le préciser pour que toutes et tous vous disposiez de tous les éléments d’information pour vous faire une idée.
Dans les circonstances complexes que je viens de résumer, et qui sont complexes à tous les niveaux, je veux, en mon nom, mais surtout au nom de l’ensemble de la municipalité, vous souhaiter, dans le respect de votre protection, de bonnes fêtes de Noël.

François Lafon
Maire de Lercoul

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